La Genèse du Djendeur

Crédit de l’image : A Normal Lost Phone

Sommaire
1. Mon enfance…
2. L’adolescence : terra incognita
3. L’adolescence v1.5
4. L’émergence d’un début de réflexion sur mon genre

Ce serait fort difficile de placer une date pour ce qui est du moment où je me suis rendue compte de ma transidentité ou même du simple fait que mes façons de faire ne correspondaient pas aux stéréotypes de genre attendus pour un « garçon ». Pour moi, ça n’a pas été une révélation en tant que telle mais une prise de conscience longue et discrète qui se construisit sans que j’en aie pleinement conscience.


Par Silver

1. Mon enfance…

Durant mon enfance, je ne peux pas dire que j’avais réellement un genre, dans le sens où je ne m’identifiais pas clairement à un modèle masculin ou féminin… Cela ne me venait pas à l’esprit en fait. Qu’aurais-je répondu à la question « Tu préférerais être un garçon ou une fille ? » ? Aucune idée. Sans doute sur un aspect pratique j’aurai répondu que les garçons avaient le droit de se salir et de porter des pantalons pour jouer, ce qui était nettement plus pratique que des robes – même si je trouvais que les robes étaient bien plus jolies que les vêtements de garçon. Aussi je pense que je peux dire que j’étais plutôt agenre quand j’étais enfant, je faisais ce que je voulais sans vraiment me demander si j’avais le droit ou non, en-dehors de quelques situations particulières.

Par exemple, je ne pouvais pas jouer avec les poupées de ma grande sœur alors que j’en avais toujours eu envie, c’était nettement plus intéressant que les Action-Man grossiers et sans réel intérêt avec lesquels j’étais sensée jouer. Attrait de l’interdit ? Véritable penchant pour des jouets féminins ? Peu importe. J’ai eu le droit de jouer avec une de ses poupées une fois parce qu’elle me l’a prêtée mais ce fut la seule et unique fois que j’ai pu jouer avec… Mais je n’ai jamais dédaigné pour autant certaines activités socialement considérées comme masculines : les jeux de construction (Lego), les playmobils (j’avais des kits plus masculins), jouer dehors (j’habite en campagne), jouer dans le sable, jouer avec des petits soldats et des voitures… Pour autant, je n’appréciais pas certaines activités comme le foot, les bagarres, la compétition… Le seul jeu « féminin » auquel je pouvais jouer facilement c’était les poly-pockets que ma mère nous achetait à ma grande sœur et à moi-même. Ils étaient à nous deux et j’avais le droit de jouer avec ceux qui étaient davantage « pour fille ».

Je pense pouvoir dire que j’estimais que je n’avais pas à jouer plus à une chose qu’à une autre, j’aurais voulu avoir le choix de jouer avec ce que j’avais envie et ce fut le cas, la plupart du temps. Pour autant, je passais pour bizarre auprès des autres enfants à l’école, bien sûr. Parce que j’étais trop calme, trop réservée pour un « garçon » et que je n’aimais pas jouer au foot, un incontournable pour tous les « garçons » qui sont sensés être « virils »… là, j’enviais beaucoup les filles qui discutaient entre elles dans la cour, à côté des garçons. Je finissais par me mettre dans un coin avec un livre pour m’occuper avec quelque chose qui m’intéressait… Je me souviens d’un autre garçon qui traînait avec des filles alors que dès cette époque, au primaire, les relations garçons-filles étaient très fermées. Je le jalousais un peu mais il avait une sorte de « passe-droit » auprès de certaines filles car il était très maniéré et il avait, je le suppose, des conversations qu’elles appréciaient. Et comme je ne savais pas trop ce que j’étais sensée faire pour avoir le droit d’être intégrée à des groupes féminins, je restais seule.

J’aurais pu m’en contenter, j’avais quelques amis garçons sympas et si certains cherchaient les problèmes avec moi, ça restait vivable. Les professeurs se posaient des questions et cherchaient à me faire participer aux activités masculines en me disant qu’il fallait que je fasse des efforts, tout ça sans méchanceté, juste pour m’aider à m’intégrer. Alors qu’en fait cela me convainquait juste que j’étais différente.
Différente, oui, mais en quoi ? Qu’est-ce qui n’allait pas correctement chez moi ? Ma mère n’avait pas l’air inquiète, mon père s’en fichait et ma sœur était au collège en pleine crise d’adolescence – elle a d’ailleurs eu une période très « masculine » où elle ne traînait qu’avec des garçons et s’habillait de façon « masculine ». Je n’avais pas de réponse à me donner à ce moment-là, parce que je ne savais pas ce qui posait problème. Et ce qui posait problème, je ne pouvais pas le deviner sans le recul que j’ai acquis par la suite. À 9 ans, même en étant très mature pour son âge, on ne peut pas savoir, et encore moins comprendre, les questions de genre dans leur globalité sociale. Et j’étais déjà terrorisée par des questions existentielles comme celle de ma propre mortalité et d’autres angoisses très prenantes, j’avais déjà fort à faire.

2. L’adolescence : terra incognita

Les véritables problèmes ont commencé avec l’adolescence et les hormones qui frétillent joyeusement en faisant leur travail de masculinisation. Je n’ai jamais réussi à m’entendre avec ma libido qui était beaucoup trop intense pour moi, je n’arrivais pas à savoir ce que je devais en faire et si c’était normal. Je n’en parlais pas à ma famille ou à mes amis, je gardais ça pour moi mais je n’arrivais pas à l’accepter. Cette libido compulsive est arrivée très tôt, comparée à des moyennes que j’ai pu trouver plus tard concernant la puberté des garçons qui se déclenche vers 11 ans environ. J’ai donc trainé ce boulet pendant des années en comprenant finalement que beaucoup de garçons avaient une libido assez active et que du coup c’était sensé être « normal » sauf que si eux s’en amusaient, moi ça ne m’allait pas du tout et c’était bien trop puissant. Le reste de ma puberté de m’a pas vraiment posé problème dans le sens où les gens autour de moi attendaient que j’ai des « poils d’hommes » sur les jambes par exemple et comme j’ai été particulièrement gâtée de ce côté-là, j’étais sensée en être fière… Donc je faisais comme si ça me plaisait, alors qu’en réalité… je ne voyais pas vraiment à quoi ça servait mais si ça faisait plaisir à ma famille, c’était sensé être bien donc j’ai accepté.

Du côté des amours, ça a été assez tranquille. J’étais amoureuse d’une fille depuis le primaire et j’ai fini par tomber amoureuse d’une autre plus tard alors que la première avait changé d’établissement. Et quand j’ai voulu lui faire part de mes sentiments, elle l’a très mal pris et je suis devenue la risée de tout le collège, j’ai changé d’établissement pour la 3ème. Et c’est précisément à cause de ce qui se passait au collège puis au lycée que ma transidentité était très discrète. Si je me sentais mal à l’aise avec mon corps et ce qu’on attendait de moi, le harcèlement scolaire que je subissais de la part des élèves de mon âge – et pas seulement – était trop intense pour que je pense une seule seconde à imaginer devenir une fille comme j’avais envie d’être plus ou moins consciemment. J’étais trop différente, trop bizarre et trop fragile pour ne pas faire une cible intéressante pour les élèves qui voulaient s’amuser et ça a été ainsi pendant longtemps. Je n’ai pas subi de harcèlement physique (ou très peu) ni d’insultes homophobes car je n’avais pas vraiment l’air d’un garçon efféminé ou d’une fille. J’avais une coupe de cheveux masculine avec des vêtements sans prétention mais masculins, tout cela choisi par ma mère. Ce n’est pas qu’elle m’imposait ses choix, non, mais je n’en avais juste rien à faire de mon allure la plupart du temps – le fait d’être un « garçon » et de porter les vêtements qui s’y attachaient ne m’intéressaient absolument pas.

Si l’on peut considérer cela comme une étape, vers 14-15 ans, j’ai parlé avec mon meilleur ami qui habitait à l’autre bout de la France et que j’avais rencontré par Internet. Je lui ais fait part d’une chose que je n’arrivais pas à comprendre à propos de moi-même et je lui ais dit que je n’arrivais pas « à me voir comme un garçon ». Il a été très sympathique et a très bien réagi mais il a parlé de « transsexuelle », de « parcours » et ça m’a tétanisée. Je savais que ces personnes existaient mais j’avais aussi tous les préjugés qui vont avec (prostitution, précarité, violences…) et je ne pouvais pas me décider à me lancer là-dedans, de plus, je ne savais pas du tout par où commencer. Je lui ai répondu que je ne savais pas où j’en étais et je n’ai jamais ré-abordé le sujet avec lui… avant mes 21 ans. Pendant ce temps, ma mère tentait de « corriger » mes manières trop féminines en me faisant comprendre qu’il fallait que je marche différemment, que j’arrête de faire trop de gestes avec mes mains… Elle mettait cela sur le compte de ma taille et disait que je ne savais pas « quoi faire » de mes mains, elle n’avait juste pas compris que je prenais simplement modèle sur des femmes et que je les recopiais par mimétisme.

J’ai pu « camoufler » pendant un temps ces manières trop féminines pour un « garçon » et je me suis tenue à paraitre un minimum masculine parce que les gens autour de moi voulait ça. Cela ne m’empêchait pas d’essayer des vêtements que je subtilisais dans des boîtes où ma mère stockait ses anciennes affaires et, de la même manière, je me maquillais, souvent n’importe comment, pour voir ce que cela donnait devant le miroir de la salle de bain. Je le faisais en essayant de ne pas penser à ce que je faisais, juste me laisser m’exprimer pendant un instant avant de tout enlever et aller cacher tout cela dans un endroit personnel, ma mère n’en savait rien et cela a continué quelques années, jusqu’à mon coming-out.

3. L’adolescence v1.5

La période du lycée a été construite sur le même schéma en plus difficile, avec un harcèlement qui est venu aussi de certains enseignants particulièrement dangereux. Cela a été extrêmement difficile à vivre pour moi car, comme je n’avais plus beaucoup de confiance dans les élèves de mon âge, j’avais reporté toute cette confiance dans la « sagesse » des adultes qui m’avaient aidée au collège quand j’avais eu des problèmes avec les autres enfants. Tout s’est effondré. Je ne savais plus à qui je pouvais faire confiance, ma mère me portait à bout de bras en essayant de me maintenir à l’école alors que je souffrais et que je ne supportais plus d’y aller. Une seule chose m’a permis de tenir : les livres, c’était le seul moment où je pouvais souffler et aller dans un autre monde. J’ai toujours été passionnée par l’heroic-fantasy avec ses mondes incroyables faits de magie et de créatures impressionnantes. Je m’identifiais aux personnages féminins forts et importants dans les livres, et je délaissais la plupart des bouquins où le personnage était un homme car j’avais l’impression que cela ne me correspondait pas. C’est dans ces livres que j’ai trouvé mon prénom, Ewilan.

Les jeux vidéo m’ont aussi beaucoup aidée, de même qu’Internet où je trouvais la compagnie d’amis loin mais adorables avec qui je passais des heures à jouer à divers jeux où, à chaque fois que cela était possible, j’incarnais un personnage féminin. Cela me permettait de vivre moi-même, de me projeter à travers cet avatar virtuel et vivre, même quelque chose de virtuel, en fille. Ma mère s’est beaucoup inquiétée de me voir passer autant de temps derrière un écran mais c’est simplement parce que j’en avais besoin, c’était ma passerelle sociale. C’était là que je pouvais m’exprimer comme je voulais, au-delà des vêtements enfilés rapidement dans la salle de bain et retirés par terreur d’être jugée. Le droit de vivre, c’était ce que je venais chercher là.

Je n’avais pas le temps de penser à moi-même et tenter de trouver une solution me concernant parce que j’avais en permanence la menace de certains élèves et enseignants qui me pourrissaient la vie avec une certaine habileté, je devais juste survivre et pas vivre. Les questionnements personnels sont passés en arrière-plan. Pendant 4 ans, j’ai tenu le coup et j’ai fini par changer d’établissement pour aller dans un lycée (public cette fois-ci, j’avais toujours été dans le privé) pour ma terminale L. Tout a changé à ce moment-là, je n’avais jamais vu un établissement comme celui-là… J’avais le droit d’utiliser mon téléphone dans la cour si j’en avais envie, j’avais le droit d’aller dans la cour en-dehors des heures de récréation, je pouvais être dans les couloirs sans qu’on me demande agressivement qu’est-ce que je fichais là. Je pouvais travailler où je voulais, je pouvais sortir du bâtiment, il n’y avait pas de grilles fermées partout pour empêcher les gens de sortir. Les autres étaient sympathiques pour la plupart, je pouvais écouter de la musique avec des écouteurs si je voulais dans la cour, personne ne venait me harceler pour des questions de règlements sans fondement. Personne ne venait m’écraser avec hargne sous le seul prétexte que j’étais là… Je n’en revenais pas. Et j’ai encore du mal aujourd’hui à imaginer comment j’ai pu tenir dans le microcosme où j’avais vécu tout ce temps… Obligée de respecter des règles inutiles et être bousillée chaque jour par des bourreaux qui trouvait cela divertissant de démolir les personnes différentes, trop pour rentrer dans le moule social attendu.

Si le lien avec ma transidentité peut être difficile à faire, en réalité tout est là… Toutes les questions intimes qui étaient en attente ont déferlées sur moi dès que l’horreur du harcèlement scolaire s’est arrêtée. L’une des première choses que j’ai pu enfin réussir à accepter ce fut ma bisexualité, enfin telle que je la percevais à l’époque. J’ai pu comprendre grâce aux ami·e·s que j’ai aujourd’hui que je suis pansexuelle mais à l’époque je n’avais que le terme « bisexuelle » pour définir mon orientation sexuelle et romantique. Je n’avais toujours aucune histoire d’amour réelle (j’en avais bien eu une vers 16 ans mais cela n’a pas duré longtemps, bien que ça m’avait beaucoup aidé, à l’époque) et c’était peut-être plus facile pour moi car je n’avais jamais réussi à accepter mon corps comme il était… Les scarifications et divers moyens d’évacuer la pressions me séduisaient parfois mais je n’ai jamais pu me résoudre à me blesser juste parce que mon corps ne me plaisait pas. Je ne suis jamais passée à l’acte, je ne pouvais pas torturer mon corps alors qu’il n’y était pour rien, juste parce que je n’arrivais pas à le supporter. Cette vision de moi-même m’a permise d’éviter nombre de cicatrices que j’aurais sans nul doute aujourd’hui, et c’est une très bonne chose. Mais alors où en était ma question de transidentité ?

4. L’émergence d’un début de réflexion sur mon genre

Je n’avais toujours pas d’informations sur la question, je n’en avais même pas cherché car j’avais peur de m’y raccrocher comme à un rêve impossible à réaliser. J’avais préféré tout garder pour moi et voir comment j’allais pouvoir vivre. Pour l’Université, j’ai choisi d’aller en psychologie car je pensais que j’allais pouvoir mieux me comprendre moi-même en aidant les autres. Cela m’intéressait beaucoup et j’ai bien fait car tout s’est bien passé au début. J’ai fait mes trois années de Licence en cherchant quelques informations quand j’en avais la possibilité, je suivais des personnes trans via certains réseaux sociaux pour voir comment les choses se passaient pour elleux. J’avais décidé que si je ne pouvais pas faire ce que je souhaitais de mon corps, j’allais aider les personnes trans dans mon travail pour que ces personnes accèdent à ce qu’elles souhaitaient…
Mais si j’avais des informations sur la transidentité et que j’avais accès à des termes pour me définir en-dehors d’une pathologisation psychiatrique. Si je n’avais pas d’autres problèmes à côté qui m’auraient empêchée de sauter le pas et de commencer ma transition… pourquoi est-ce que je ne me lançais pas ?

Eh bien c’est parce que je savais que je n’étais pas un garçon, ça c’était très clair mais je ne savais si j’étais une fille. Parce que oui, comment savoir quand toute ma vie on m’a dit que j’étais un garçon ? Je savais que j’étais une fille… en partie. C’était fluctuant. J’étais autre chose aussi, je ne savais pas quoi mais j’étais autre chose en même temps. Je pensais que pour commencer ma transition je devais être sûre d’être une fille et que cela, pas aussi autre chose…
Je ne connaissais pas la non-binarité à ce moment-là et je n’arrivais pas non plus à me dire qu’il fallait que je fasse quelque chose, le plus vite possible. Ce qui m’a faite réagir, ça a été de me dire que j’allais vivre comme ça jusqu’à mes 30 ans et que j’allais me suicider parce que je n’avais pas grand-chose à attendre de ma vie. Alors que j’aimais vivre. Mais pas comme ça, pas comme une mort-vivante tous les jours à vivre à côté de ma vie. Et c’était soit y mettre fin, soit trouver un moyen de changer les choses…

J’ai eu enfin une impulsion m’a fait réagir au sens que j’ai tout fait basculer, ça a été en voyant le tweet d’une militante trans assez connue. C’est impossible que je me rappelle le contenu de ce tweet, ça a été une explosion volcanique tellement ça m’a secouée et j’ai passé les trois jours suivants à accumuler des informations sur les transitions possibles pour les femmes trans… J’y ai passé des jours entiers à fouiller l’Internet pour en sortir toutes les informations que je pouvais trouver afin de les recouper entre elles pour les vérifier. J’y pensais jour et nuit, et à l’aube du quatrième jour, le jour de son anniversaire, je l’ai « dit » à mon meilleur ami à qui j’en avais parlé près de 7 ans auparavant. J’ai été tellement longue à lui dire qu’il a fini par me proposer des choses que ça pourrait être et en moins de 30 secondes, il avait trouvé alors même qu’il avait oublié notre discussion de l’époque où il m’avait parlé de « transsexuelle »… Le soir même je suis allée au centre LGBT de ma ville et j’y ai rencontré des gens formidable qui m’ont aidée et soutenue sans remettre en cause ce que je disais, juste m’écouter et c’était ce dont j’avais besoin. Et surtout aidée à mettre des mots sur qui j’étais et sur mes différences.

Deux jours plus tard, le jour de l’anniversaire de ma grande sœur, je l’annonçais à ma mère et le lendemain à ma grande sœur. Tout cela c’était il y a un an, pendant l’été de mes 21 ans et ce fût un immense bouleversement dans ma vie. J’ai fait mon coming-out à tous mes amis, à certaines personnes de ma famille, aux amies de ma mère pour qu’elle puisse en parler librement avec elles et presque tout le monde a réagi positivement et a voulu savoir quoi faire pour m’aider. Ce qui est très loin d’être ainsi pour toutes les personnes trans.
J’ai contacté Tom Reucher, psychologue sur Brest, qui avait un site web sur les questions de transidentités et qui m’avait été conseillé au centre LGBT par d’autres personnes trans. Je suis allée le voir et j’ai discuté près de 3 heures avec lui, il a pu rassurer ma mère sur ses nombreuses peurs et il a pu me donner toutes les informations que je voulais avoir et approfondir certaines choses sur les possibilités dans les transitions pour une femme trans. Il m’a fait un certificat psychologique pour me permettre de voir des endocrinologues, des dermatologues et des médecins pour faire ma transition hormonale – ce que je souhaitais. J’ai pu ainsi éviter les équipes hospitalières qui sont totalement transphobes et qui refusent de suivre les personnes trans ne correspondant pas à leurs critères, tout en revendiquant l’importance de faire des tests pendant une durée d’environ 2 ans avant d’accepter de donner, si on correspond leur façon de voir, un traitement hormonal substitutif.
J’ai appelé une endocrinologue à Paris qui acceptait de suivre des personnes trans sans une attestation – j’en avais une mais cela pouvait me servir pour un autre professionnel – et j’ai pu commencer mon traitement hormonal en septembre.

Depuis je n’ai jamais été aussi heureuse, soutenue par ma famille et par amis, j’ai rencontré des gens incroyables et d’une très grande gentillesse, je revis littéralement socialement et intimement. Je vis. La survie c’est terminé. J’ai gagné le droit de vivre comme je le souhaite et de faire ce que je veux… malgré les gens que ça dérange, malgré mes enseignants de psychologie qui ne se gênent pas pour dire que les personnes trans sont des malades mentaux. Et même si ma vie sera plus compliquée, si je suis heureuse de la vivre, c’est ça le plus important, et rien d’autre. La suite de ma transition est racontée sur cette page.

Quand je regarde dans le miroir maintenant, je me vois moi, entière et vivante, et je pourrais pleurer tellement je suis heureuse d’avoir fait ma transition et d’être celle que je suis aujourd’hui. Je ne savais pas ce que c’était d’être heureuse mais depuis ma transition, j’ai compris ce que cela voulait dire et jamais plus je ne reculerai pour avoir le droit d’être celle que je suis et d’avoir le droit de vivre.

Par Silver
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