Techniques de vaginoplastie

Mise à jour : Juin 2017

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Sommaire
1. La technique de l’inversion péno-scrotale : A. Exemples de techniques B. Photos
2. la technique de la non-inversion pénienne : A. Exemples de techniques, B. Photos
3. La technique sigmoïde
4. La vulvoplastie

Approfondir…
• Les différentes techniques chirurgicales (vous y êtes)
Le déroulement d’une vaginoplastie
Les dilatations

Avertissement : les techniques chirurgicales évoluent en permanence et les chirurgiens compétents se forment continuellement grâce aux recherches et à leur pratique. Les informations que je propose ici sont celles dont je dispose, cela signifie qu’elles ne sont pas exhaustives et qu’elles sont susceptibles de devoir être mises à jour régulièrement.

1. La technique de l’inversion péno-scrotale

Technique utilisée en Europe et en Amérique du Nord, l’inversion péno-scrotale est la technique la plus simple de vaginoplastie. Elle consiste à utiliser la peau du pénis pour constituer le vagin et la peau du scrotum pour constituer la vulve. Son principal problème est le fait que la profondeur vaginale est limitée à la taille du pénis, de plus, il reste assez peu de peau pour réaliser la vulve. Elle peut être améliorée avec une greffe de peau.
Les personnes ayant bénéficié d’une orchiectomie ou ayant subi une circoncision ont moins de peau disponible et cela peut compliquer la vaginoplastie.

Le néo-vagin : formé à partir de la peau pénienne, prolongée avec une partie de la peau scrotale, est cousu en forme de tube pour former le vagin (d’où le nom d’inversion péno-scrotale), à l’aide d’un conformateur pour le maintenir pendant l’opération (travail qui devrait être répété après l’opération, ce sont les fameuses dilatations). La profondeur obtenue va de 5 cm à 15 cm environ selon la taille du pénis (pour les pénis assez petits ou moyens, il est préférable d’utiliser la technique de non inversion ou de la sigmoïde).
Le néo-clitoris : créé à partir du gland du pénis retaillé qui, correctement relié, permettra d’avoir du plaisir sexuel par stimulation ainsi que des orgasmes.
Le néo-urètre : placé entre le clitoris et l’ouverture vaginale, créé à partir d’une partie du corps spongieux récupéré dans le pénis (le corps spongieux et caverneux restants ne sont théoriquement pas conservés).
La néo-vulve : les petites lèvres et les grandes lèvres sont formées avec la peau scrotale restante.
=> La brochure Mt* d’OUTrans explique cette technique avec des schémas clairs.

Synthèse des modifications
La peau du pénis : utilisée pour former le néo-vagin (avec la peau scrotale), la profondeur étant liée à la taille du pénis.
Le gland du pénis : utilisé pour créer le néo-clitoris.
La peau scrotale : utilisée pour former la néo-vulve et le néo-vagin
Les corps spongieux et caverneux : une partie du corps spongieux est conservée pour le néo-urètre, le reste n’est pas conservé.
Les testicules : ne sont pas conservées.
La prostate, les glandes séminales et de Cowper/bulbo-urétrales : conservées et participent à la lubrification para-urétrale et au plaisir sexuel.

Prix
Les prix pour les vaginoplasties avec cette technique varient grandement d’un pays à l’autre. Les prix en France sont de 20 000 € mais c’est remboursé par la sécurité sociale si vous rentrez dans le parcours de la SoFECT – et vous n’aurez pas accès à la vaginoplastie si vous n’êtes pas de ce parcours. En Amérique du Nord et ailleurs en Europe (Belgique, Allemagne…), les prix sont proches des 12 000 € mais peuvent aller jusqu’à 16 000 € pour des résultats différents autant en esthétique qu’en fonctionnalité.
La première chose à retenir pour les vaginoplasties c’est que le prix ne fait pas la qualité. Les opérations pratiquées en Asie – notamment en Thaïlande – sont beaucoup moins chères que celles d’occident pour un résultat généralement bien meilleur. La France propose les prix les plus chers et les résultats les plus scandaleux.
La Belgique peut être une alternative intéressante tout comme le Canada, un remboursement peut être obtenu en montant un dossier solide mais il faudra avancer l’argent.

A. Exemples de techniques

1. Technique du Dr Brassard (Canada, Montréal)
D’après ce qui est décrit sur son site web.

Le néo-vagin : formé par la peau pénienne qui sera retournée pour être greffée à l’intérieur la cavité vaginale. Si la profondeur obtenue avec la peau pénienne n’est pas satisfaisante, le chirurgien prélèvera de la peau sur l’abdomen, la cuisse ou la fesse pour l’améliorer.
Le néo-clitoris : l’extrémité distale du gland est conservée et formera le néo-clitoris. La taille du clitoris peut donc être ajustée à la demande de la patiente.
Le néo-urètre : une partie du corps spongieux est conservée pour le néo-urètre, le reste n’est pas conservé.
La néo-vulve : les petites lèvres sont créées à partir de parties de l’urètre et du scrotum, les grandes lèvres à partir du scrotum.

B. Photos

Transidentité : résultats de vaginoplasties réussies et ratées.
Lynn Conway : résultats de vaginoplasties par le Dr Schrang.
Dr Bowers : photos de plusieurs vaginoplasties sur le site du Dr Bowers. Note : site du chirurgien, vous ne trouverez que des informations allant dans son sens.

2. La technique de la non-inversion pénienne

Technique utilisée par les chirurgiens asiatiques, en particulier thaïlandais. Elle consiste à utiliser la peau du pénis et du scrotum pour constituer la vulve puis d’utiliser le reste de la peau scrotale avec une greffe de la peau de l’aine pour constituer le vagin. Ainsi la profondeur obtenue n’est pas liée à la taille du pénis et il y a plus de peau pour réaliser la vulve qui est de meilleure qualité qu’avec l’inversion péno-scrotale.
Les personnes ayant bénéficié d’une orchiectomie ou ayant subi une circoncision ont moins de peau disponible et cela peut compliquer la vaginoplastie.

Synthèse des modifications
La peau du pénis : utilisée pour les petites lèvres (le prépuce en grande partie) et l’ouverture vaginale (avec la peau périénale).
Le gland du pénis : utilisé pour le néo-clitoris avec sa partie dorsale retaillée.
La peau scrotale : utilisée pour le néo-vagin (avec la peau de l’aine) et pour les grandes lèvres.
Les corps spongieux et caverneux : une partie du corps spongieux est conservée pour le néo-urètre, une autre partie est placée dans le néo-vagin.
Les testicules : ne sont pas conservées.
La prostate, les glandes séminales et de Cowper/bulbo-urétrales : conservées et participent à la lubrification para-urétrale et au plaisir sexuel.
La peau de l’aine : utilisée comme greffe pour le néo-vagin avec la peau scrotale.
La peau périnéale : utilisée pour l’ouverture vaginale avec la peau pénienne.

Prix
Les prix des vaginoplasties asiatiques tournent autour de 9 000 € à 12 000 € environ, la différence de prix est dûe à la différence du coût de la vie qui est inférieur à la moyenne occidentale mais également au nombre d’opérations pratiquées là-bas.
Les résultats esthétiques varient légèrement d’un chirurgien à l’autre. Et les résultats fonctionnels varient peu, ils seraient dûs aux variations inter-individuelles plus qu’aux différences entre les chirurgiens.
C’est aujourd’hui la meilleure option autant pour la qualité que pour le prix.

A. Exemples de techniques

1. Technique du Dr Suporn (Thaïlande, Chonburi)
D’après ce qui est décrit sur son site web.

Le néo-vagin : créé avec la peau du scrotum et une greffe de la peau de l’aine. Les poils sont retirés de la peau utilisée mais l’ouverture vaginale peut se retrouver avec quelques poils (traitable après l’opération par électrolyse). Une profondeur de 15 cm est théoriquement garantie au minimum mais la moyenne est de 18 cm.
Le néo-clitoris : créé à partir du gland du pénis en gardant intacts les nerfs et les veines. Un frenulum est aussi créé avec un capuchon clitoridien.
Le néo-urètre : construit à partir d’une partie du corps spongieux du pénis et placé entre le néo-clitoris et l’ouverture vaginale, il semblerait que le Dr Suporn garde une partie des corps spongieux et caverneux pour les placer dans le néo-vagin.
La néo-vulve : les petites lèvres sont créées avec la peau du prépuce, du pénis et du scrotum, les grandes lèvres sont créées avec la peau du scrotum.


2. Technique du Dr Chettawut (Thaïlande, Bangkok)
D’après ce qui est décrit sur son site web.

Le néo-vagin : créé à partir de la peau scrotale ainsi que d’une greffe de peau de l’aine. Selon la peau disponible, la profondeur obtenue peut être de 13 à 18 cm environ. Les poils sont retirés de la peau utilisée sauf pour l’ouverture vaginale qui peut présenter quelques poils (traitable après l’opération par électrolyse). Celle-ci est constituée d’une partie de la peau du pénis et de peau périnéale, elle est orientée verticalement. Il est possible d’obtenir un frenulum (ou fourchette) postérieur.
Le néo-clitoris : construit à partir de la partie drosale du gland du pénis, elle est retaillée pour obtenir une taille de clitoris typique (sauf demande contraire). Étant la partie la plus sensible et innervée du gland, c’est l’idéal pour construire le clitoris et permettre d’avoir du plaisir sexuel et des orgasmes. Un capuchon clitorien est théoriquement construit selon la peau disponble.
Le néo-urètre : construit à partir d’une partie du corps spongieux du pénis et placé entre le néo-clitoris et l’ouverture vaginale, le reste des corps spongieux et caverneux ne sont pas conservés. Ceux-ci se rempliraient de sang lors de l’excitation sexuelle, ce qui peut créer des douleurs et donner une apparence atypique à la vulve.
La néo-vulve : le vestibule (entre les petites lèvres) est construit à partir de la peau innervée par le nerf pudendal et du tissu urétral, les petites lèvres sont créées à partir de la peau du prépuce (donc les personnées circoncises auront besoin d’une greffe) et sont riches en terminaisons nerveuses, les grandes lèvres sont formées à l’aide de la peau scrotale et de tissus gras (le reste de peau scrotale servant pour le néo-vagin).

B. Photos

Corinne : opérée par le Dr Suporn en 2004, avec des photos du déroulement de l’opération et post-opération.
Lynn Conway : résultats de vaginoplastie par le Dr Suporn.
Anna’s Place : photos du déroulement d’une vaginoplastie par le Dr Suporn.
Anna’s Place : photos d’une vaginoplastie par le Dr Suporn.
Dr Suporn : photos de plusieurs vaginoplasties sur le site du Dr Suporn. Note : site du chirurgien, vous ne trouverez que des informations allant dans son sens.
Dr Chettawut : photos de plusieurs vaginoplasties sur le site du Dr Chettawut. Note : site du chirurgien, vous ne trouverez que des informations allant dans son sens.
Technique du Dr Preecha : étude sur une vaginoplastie par le Dr Preecha avec des photos du déroulement de l’opération. Note : étude du chirurgien, vous ne trouverez que des informations allant dans son sens.

3. La technique sigmoïde

Technique risquée de vaginoplastie, utilisée lorsque les autres ne sont pas possibles. Il s’agit de prendre une partie du côlon sigmoïde pour constituer le néo-vagin permettant une bonne profondeur mais une lubrification ne dépendant pas de l’excitation sexuelle. La peau du pénis et du scrotum constituent la vulve. Son principal problème est la lourdeur de l’opération, particulièrement risquée et longue, elle peut également déclencher des complications abdominales diverses, là où le côlon sigmoïde a été prélevé.
Elle est utilisée pour les personnes ayant un pénis trop petit pour espérer un résultat satisfaisant, ayant eu une orchiectomie et/ou une circoncision. Plus chère et plus risquée, elle est à éviter si possible. Cette alternative offre toute la peau de l’appareil génital de base pour former la néo-vulve, comme la vulvoplastie. Cela offre généralement une néo-vulve de meilleure qualité.

Le néo-vagin : formé à partir d’une greffe du côlon sigmoïde. Sa profondeur peut aller jusqu’à plus de 20 cm mais il sera légère courbé dû à l’endroit d’où il a été retiré, le côlon sigmoïde étant légèrement courbé à cause du sacrum.
Le néo-clitoris : créé à partir du gland du pénis retaillé qui, correctement relié, permettra d’avoir du plaisir sexuel par stimulation ainsi que des orgasmes.
Le néo-urètre : placé entre le clitoris et l’ouverture vaginale, créé à partir d’une partie du corps spongieux récupéré dans le pénis (le corps spongieux et caverneux restants ne sont théoriquement pas conservés).
La néo-vulve : les petites lèvres et les grandes lèvres sont formées avec la peau scrotale et la peau pénienne.

Synthèse des modifications
La peau du pénis : utilisée pour former la néo-vulve avec la peau scrotale.
Le gland du pénis : utilisé pour créer le néo-clitoris.
La peau scrotale : utilisée pour former la néo-vulve avec la peau pénienne.
Les corps spongieux et caverneux : une partie du corps spongieux est conservée pour le néo-urètre, le reste n’est pas conservé.
Les testicules : ne sont pas conservées.
La prostate, les glandes séminales et de Cowper/bulbo-urétrales : conservées et participent à la lubrification para-urétrale et au plaisir sexuel.
Le côlon sigmoïde : une partie est utilisée pour former le néo-vagin.

Prix
Je n’ai pas de gammes de prix pour les vaginoplasties avec la technique sigmoïde, elle est plus risquée et plus longue donc forcément plus chère que la technique d’inversion et de non-inversion. Elle sera moins chère en Asie mais plus chère qu’une opération standard.
La technique sigmoïde n’est jamais conseillée de prime abord du fait de son danger et de son résultat parfois problématique.

4. La vulvoplastie

Technique consistant à créer uniquement une néo-vulve sans néo-vagin, que ce soit par choix personnel ou lié à l’âge (pour les personnes qui sont âgées de plus de 60 ans, la vaginoplastie est encore plus risquée, par conséquent la vulvoplastie est une possibilité moins lourde). La néo-vulve est sensée être totalement fonctionnelle avec un néo-clitoris et un néo-urètre.
Cette alternative offre toute la peau de l’appareil génital de base pour former la néo-vulve, comme la technique sigmoïde. Cela offre généralement une néo-vulve de meilleure qualité et il n’y a pas besoin de faire des dilatations puisqu’il n’y a pas de vagin.

Le néo-vagin : la vulvoplastie ne comprend pas la création d’un néo-vagin.
Le néo-clitoris : créé à partir du gland du pénis retaillé qui, correctement relié, permettra d’avoir du plaisir sexuel par stimulation ainsi que des orgasmes.
Le néo-urètre : placé entre le clitoris et l’ouverture vaginale, créé à partir d’une partie du corps spongieux récupéré dans le pénis (le corps spongieux et caverneux restants ne sont théoriquement pas conservés).
La néo-vulve : les petites lèvres et les grandes lèvres sont formées avec la peau scrotale et la peau pénienne.

Synthèse des modifications
La peau du pénis : utilisée pour former la néo-vulve avec la peau scrotale.
Le gland du pénis : utilisé pour créer le néo-clitoris.
La peau scrotale : utilisée pour former la néo-vulve avec la peau pénienne.
Les corps spongieux et caverneux : une partie du corps spongieux est conservée pour le néo-urètre, le reste n’est pas conservé.
Les testicules : ne sont pas conservées.
La prostate, les glandes séminales et de Cowper/bulbo-urétrales : conservées et participent à la lubrification para-urétrale et au plaisir sexuel.

Prix
Je n’ai pas de gamme de prix pour les vulvoplasties mais elles sont moins chères que les vaginoplasties.

Avertissement : Tout ce que vous trouverez ici provient de mes connaissances et de mes tests empiriques (dont la validité est hypothétique). Les opérations chirurgicales sont différentes selon les chirurgiens et les patient·e·s. Les techniques de chirurgie évoluent sans cesse et il est nécessaire de se tenir informé·e si l’on souhaite en connaître tous les détails. Ne vous arrêtez pas à mes propos, comparez-les avec ce que vous trouverez ailleurs et surtout croisez les informations !

Concernant les termes utilisés, si vous êtes perdu·e, allez voir le lexique.

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