Ma transition hormonale – MtF

Mise à jour : Mars 2017

1. Historique de ma transition hormonale : De septembre 2014 à mars 2017
2. Le choix des hormones : Estradiol, progestérone et anti-androgènes
3. Taux hormonaux : Graphiques et explications
4. Comparaison : Les taux typiques versus mon hormonologie

1. Historique de ma transition hormonale

De septembre 2014 à mars 2017

OestrodoseProgesterone

Ma prise de conscience en tant que personne transgenre est racontée dans cet article, je partirai ici du début de ma transition hormonale. J’ai commencé ma transition hormonale le 24 septembre 2014 avec une endrocinologue en libéral à Paris, la Dr Seyden (qui est à la retraite). Ce n’est pas la première endocrinologue que j’ai vue mais c’est la première soignante qui m’a fait comprendre qu’elle avait un respect (un minimum du moins) pour moi et qu’elle ne me voyait pas comme un cobaye ou une personne dérangée. Je souhaitais avoir un THS avec de l’estradiol et de la progestérone mais sans anti-androgène (en particulier pas d’Androcur®) parce que j’avais fait beaucoup de recherches sur les produits utilisés en THS, j’avais questionné plusieurs personnes concernées. Et j’avais décidé que la progestérone pouvait être bénéfique et que les anti-androgènes avaient plus d’effets négatifs que positifs.
La Dr Seyden m’a dit qu’elle acceptait de me suivre en THS avec de l’estradiol uniquement (de l’Oestrodose® à 4 doses/jour) au début puis, après quelques mois, de la progestérone. Cela ne l’a pas empêchée de me demander à chaque rendez-vous pourquoi je ne souhaitais pas prendre d’anti-androgène parce qu’elle considérait que c’était bénéfique. Vu que ce n’était pas elle qui le prenait, il était sûr qu’elle ne risquait pas de le considérer comme étant négatif. J’ai toujours refusé en soulignant ses effets négatifs : baisse voire disparition de la libido, disparition des érections, possible dépression… et si une légère diminution de ma libido ne m’aurait pas gênée, je ne voulais pas qu’elle disparaisse. Elle a montré un certain désaccord concernant mes arguments mais elle ne pouvait pas m’obliger à prendre ce médicament et devait donc céder.

J’ai réussi à obtenir de la progestérone (de l’Estima Gé® à 100 mg/jour) de sa part après six mois de THS, le 07 avril 2015, elle m’en a donné à contre-coeur parce qu’elle considérait que ça n’avait pas beaucoup d’utilité. J’avais mes propres idées quant à l’utilité de cette hormone et j’étais donc très contente de l’avoir. Et j’ai continué avec de l’estradiol de la progestérone (Oestrodose® à 4 doses/jour et Estima Gé® à 100 mg/jour) pendant un an. De plus en plus, je me sentais mal à l’aise vis-à-vis de mon endrocrinologue parce qu’elle était toujours assez froide et me questionnait sur les effets du THS avec une certaine distance, très médicale… J’avais peur à chaque fois que je répondais qu’elle diminue mes doses hormonales ou retire même un produit de mon ordonnance. Sans parler du fait qu’aller à Paris tous les six mois pour qu’elle me voit et qu’elle me refasse une ordonnance n’était pas gratuit et était usant.
En avril 2016, mon endocrinologue a décidé de retirer la progestérone de mon ordonnance en affirmant que cela n’avait pas eu d’effet sur ma poitrine. Outre le fait que cela ne m’a pas plu et que c’était faux (ma poitrine avait changé de forme de façon très subtile, son galbe était différent et elle partait moins vers les côtés), cela ne m’a pas trop gênée. J’avais décidé peu avant d’arrêter la progestérone parce qu’elle augmentait trop ma libido après six mois. Je ne lui avais pas dit que je l’avais arrêtée parce que je ne voulais pas lui donner un argument de plus contre la progestérone qui avait eu des effets bénéfiques. Mais cela m’importait peu parce qu’elle m’a annoncé qu’elle partait à la retraite, ce qui n’était pas si négatif que cela puisque je m’entendais de moins en moins avec elle (au sujet de l’Androcur® et de la progestérone) et que j’en avais assez de son comportement assez froid et distant qui n’engageait pas à la confiance.

J’ai bénéficié d’une chirurgie de reconstruction génitale (GRS) en juillet 2016 (j’ai dû arrêter mon THS pendant un mois pour cette chirurgie) et j’ai trouvé une gynécologue au planning familial de Rennes qui fait office aussi d’endocrinologue en septembre 2016. La relation que j’ai avec elle est beaucoup plus basée sur la confiance et c’est moi qui ait les clés de mon THS, je lui demande de mettre de l’Oestrodose® (4 doses/jour) et de l’Estima Gé® (100 mg/jour) sans qu’elle ne s’oppose à ma décision. Elle comprend que c’est moi qui prend ces produits et que j’ai le droit de choisir ce que je prends dans mon THS. Le renouvellement de l’ordonnance n’est plus synonyme de stress et de devoir réussir une sorte de test aux conditions floues comme cela l’était avec la Dr Seyden. En janvier 2017, j’ai repris la progestérone (Estima Gé® 100 mg/jour) pour voir si cela pouvait avoir un effet positif sur ma situation.

Synthèse de l’historique :
2014 septembre 24 : début de mon THS avec la Dr Seyden, estradiol (Oestrodose® à 4 doses/jour)
2015 avril 07 : ajout de progestérone (Estima Gé® à 100 mg/jour)
2016 avril : arrêt de la progestérone temporairement à cause de l’augmentation de ma libido
2016 juillet 15 : Genital Reconstruction Surgery avec arrêt du THS pendant un mois
2016 septembre : changement d’endocrinologue (gynécologue au planning familial de Rennes)
2017 janvier : reprise de la progestérone (Estima Gé® à 100 mg/jour)

2. Le choix des hormones

Estradiol, progestérone et anti-androgènes

Pour voir la liste complètes des produits hormonaux, voir la page Produits existants.

Estradiol / Oestrodose® : je n’ai pas spécifiquement choisi l’Oestrodose® mais c’est l’un des médicaments les plus réputés pour un THS féminisant avec l’Estreva®. Ma première endocrinologue a préféré me donner de l’Oestrodose® parce que, selon elle, ce médicament était plus chargé en estradiol par dose que l’Estreva®. Je n’ai pas testé le générique, l’Estreva® ou l’estradiol sous forme orale.
Pour la posologie, c’est un flacon avec un bouton poussoir premettant de délivrer des doses identiques (plus ou moins) de gel transdermique qui s’étale sur la peau (comme les cuisses, le ventre ou les bras mais pas les seins) tous les jours. Chaque pression délivre 1,25 g de gel dont 0,75 mg d’estradiol (ne pas dépasser 4 pressions/jour).
Concernant les effets, j’ai eu des bouffées de chaleur pendant les premiers mois de mon THS et j’en ai encore un peu aujourd’hui mais c’est gérable. L’estradiol fait pousser la poitrine et les aéroles avec les mamelons (selon votre corps, votre génétique, votre poids et votre âge), rend les érections moins prégnantes & moins dures et peut modifier certaines choses très délicates (comme la perception des goûts ou des odeurs).

Progestérone / Estima Gé® : je voulais avoir de la progestérone pour son effet anti-androgénique (même si elle a aussi un effet anti-estogénique), pour son effet sur la libido et pour les changements physiques. J’ai testé l’Estima Gé® ou le générique sans ressentir de réelle différence.
Pour la posologie, c’est sous forme de capsules molles de 100 mg (ou plus) qui se prend tous les jours – le soir de préférence parce qu’elle peut donner des effets secondaires (ce qu’on appelle le trip de progestérone qui shoote pas mal dans la demi-heure suivant la prise). On peut le prendre de manière orale ou vaginale, il va sans dire que pour les femmes trans, ce sera de manière orale (même après une vaginoplastie car la prise vaginale nécessite d’avoir un utérus).
Concernant les effets, ce médicament a un effet anti-estrogénique et anti-androgénique en théorie même si je n’ai pas vraiment vu d’effets sur mes analyses de sang. Pour ma poitrine, il y a eu une modification délicate de la forme et du galbe du sein. L’augmentation de ma libido avec la progestérone a été progressive mais est devenue agaçante après un an, j’ai arrêté temporairement avant de reprendre six mois plus tard. Elle renforce aussi les érections, ce qui équilibre un peu avec l’estradiol.

Anti-androgène / Androcur® : j’ai beaucoup hésité à prendre un anti-androgène avant de décider que je n’en prendrai pas. Simplement parce que je tenais à ma libido, je ne voulais pas voir mes érections disparaître et je ne voulais pas risquer la dépression.
Pour la posologie, il se prend sous forme orale (comprimés de 50 mg) tous les jours mais je ne l’ai pas testé. Pour diminuer les effets, il est tout à fait possible de casser le comprimé en plusieurs parties.
Concernant les effets, l’Androcur® a un effet anti-androgénique très violent comparé à l’estradiol et la progestérone car c’est un castrateur chimique. De plus, cela réduit (et fait disparaître sur le long terme) la libido et les érections, la pousse des poils est réduite, il y a un risque de dépression et la prostate semble être réduite sur le moyen terme. Bien sûr la fertilité est anéantie en quelques mois.
Note : l’Androcur® est de l’acétate de cyprotérone, un anti-androgène lourd mais ce n’est pas le seul.

Anti-androgène / Finastéride : j’ai pensé pendant un long moment prendre de la finastéride à la place d’Androcur® parce que c’est moins puissant et moins dangereux. Mais après avoir longuement réfléchi, j’ai finalement choisi de ne pas en prendre, considérant que l’effet anti-androgénique de l’estradiol et de la progestérone était suffisant.
Pour la posologie, la finastéride est sous forme orale (comprimé de 5 mg) tous les jours.
Concernant les effets, elle est surtout utile quand on perd ses cheveux (ce qui n’est heuresement pas mon cas d’où le fait que je n’en ai pas utilisé).
Note : la finastéride n’est pas le nom de la marque, c’est la molécule et c’est un anti-androgène léger.

3. Taux hormonaux

Graphiques et explications


Mon hormonologie


Mon hormonologie : Estradiol

Voici mes taux hormonaux sous forme graphique. On peut voir que l’estradiol est une hormone qui a un dosage très faible par rapport à la testostérone et la prolactine mais c’est tout à fait normal, c’est pour cela que j’ai fait un second graphique avec une échelle différente.
Concernant l’évolution de mes taux hormonaux avec le THS, on peut voir qu’ils sont assez aléatoires et qu’ils ne semblent pas être influencés par la progestérone. Si l’estradiol et la prolactine augmentent globalement avec le début du THS et que la testostérone baisse, il y a des mouvements qui semblent assez imprévisibles. La chute de la testostérone après l’opération génitale est totalement normale (et bienvenue) mais l’estradiol semble avoir subi un choc violent après l’opération génitale. Peut-être que cela est dû au choc hormonal qu’a été l’arrêt pendant un mois du THS (pour l’opération) et l’ablation de mes testicules (donc la chute de la production de testostérone).
Quant à la prolactine, elle augmente beaucoup après l’arrêt de la progestérone en avril 2016, ce qui est normal (la prolactine dépend de la progestérone). Seules les analyses de sang futures me permettront de savoir si l’estradiol remonte.


Tableau récapitulatif

4. Comparaison

Les taux typiques versus mon hormonologie

Quand on commence un THS, on a tendance à vouloir savoir si nos taux hormonaux sont typiques par rapport aux personnes cisgenres. Le propre des taux hormonaux est de varier grandement selon certaines conditions mais voici des graphiques comparant mon hormonologie à des hormonologies de référence (taux basés sur les paliers fournis par les laboratoires où je fais mes analyses de sang).


Avertissement : Tout ce que vous trouverez ici provient de mes connaissances et de mes tests empiriques (dont la validité est hypothétique). L’endocrinologie n’est pas une science exacte et les connaissances scientifiques actuelles sont très loin d’en recouvrir toutes les subtilités. N’oubliez pas que les différences interindividuelles des effets du THS peuvent être très importantes. Ne vous arrêtez pas à mes propos, comparez-les avec ce que vous trouverez ailleurs et surtout croisez les informations !

Concernant les termes utilisés, si vous êtes perdu·e, allez voir le lexique.

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